Comment les négateurs de la science alimentent la controverse grâce à de faux équilibres médiatiques

Voici un article sur le problème de la représentation médiatique des sujets scientifiques, qui sont souvent présentés dans les médias comme consistant en deux camps, l’un avec un avis « pour » et l’autre un avis « contre », comme si une question scientifique pouvait se régler comme une question politique ou de société, avec des camps défendant une idéologie. La science n’est pas une idéologie et n’a pas de camps. Il n’y a qu’un côté dans la science et il est unanimement représenté par les scientifiques. Ils peuvent être en désaccord entre eux sur des sujets complexes où les données et les preuves ne sont pas suffisantes ou suffisamment convaincantes pour forcer un consensus, et le débat qui en résulte fait partie du processus normal de la science. Mais il reste du domaine des scientifiques et non du public en général (je parle bien entendu des résultats scientifiques « purs », et non de leur application ou leurs conséquences potentielles sur des questions plus larges). Mais curieusement, ce ne sont même pas ces débats scientifiques normaux qui sont le plus mal représentés dans les médias, ce sont plutôt ceux où le débat scientifique n’existe plus parce que le consensus a été établi. Et non seulement les médias présentent les deux « camps » d’une non-controverse, mais ils donnent un temps de parole égal aux deux parties, donnant l’impression complètement fausse que le débat est effectivement bien présent chez les scientifiques. C’est un problème qu’il faut corriger.

Mais au lieu de répéter les propos de l’auteur, je lui laisse la parole. Lire la suite

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Une méta-analyse confirme que l’homéopathie ne fonctionne pas (IFLS)

Parmi les sujets les plus souvent abordés dans les milieux sceptiques, je dois dire que celui de l’homéopathie est un de mes favoris. Ça ne se voit pas tellement sur ce blog: je n’ai posté qu’un seul article sur le sujet et il n’abordait pas tellement le sujet dans le fond; et j’avais également partagé sur mon mur perso Facebook un dossier très complet qui se focalisait plus particulièrement sur le cas de l’oscillococcinum. Mais ceux qui me connaissent en personne savent en général qu’il vaut mieux éviter d’évoquer le sujet de l’homéopathie, de peur que je ne ruine l’ambiance par de trop longs monologues. Il faut reconnaître que l’homéopathie est un sujet passionnant: malgré un prétendu mécanisme d’action qui défie toute logique et toutes les connaissances bien établies en physique et chimie, malgré la pléthore d’études et de méta-analyses qui échouent à démontrer l’efficacité spécifique de l’homéopathie, malgré le fait que ces deux aspects soient de surcroît assez faciles à démontrer, l’homéopathie jouit d’un succès sans pareil parmi l’ensemble des pseudo-sciences qui forment le domaine des médecines alternatives (si c’était de la science, soit on prouverait que ça ne marche pas et on n’en parlerait plus, soit on prouverait que ça marche et ça deviendrait de la médecine tout court).

Je ne pense pas que je proposerai sur mon blog une analyse détaillée et exhaustive de l’homéopathie. D’autres l’ont fait avant moi et je n’aurais rien de plus à ajouter. Mais si vous voulez un très bon début, il n’y a qu’à consulter Wikipedia. C’est là que je m’étais renseigné la toute première fois que j’eus entendu parler de l’homéopathie; à l’époque, je ne connaissais absolument rien sur le sujet, le nom même d’homéopathie m’était à peine familier, tout au plus avais-je entendu dire que le sujet était un peu controversé. Et lorsque j’ai lu la page Wikipedia, je me suis littéralement dit: « Ce n’est pas possible, ça ne peut pas être ça. Personne n’utiliserait l’homéopathie si c’était vraiment ce que Wikipedia en disait. » Mais il se trouve, me suis-je rendu compte en poursuivant mes recherches ensuite, que Wikipedia avait raison et que, oui, l’homéopathie est Lire la suite

Rappel de gouttes et pilules homéopathiques car elles pourraient contenir de vrais médicaments (IFLS)

Les traductions prennent toujours un peu de temps et ma liste d’attente est longue. Je n’arrive donc pas souvent à proposer des articles qui suivent de près les actualités, quoique j’avais réussi avec les (prétendues?) frasques de Kim Jong Un. C’est de nouveau le cas ici, avec un article qui est apparu il y a quelques jours dans mon fil Facebook via la page IFLS (I Fucking Love Science), et comme je l’ai trouvé plutôt risible, j’ai eu envie de vous le proposer.

L’article original a été posté sur le site web de IFLS le 30 mars 2014 par Stephen Luntz: « Homeopathic Drops and Pills Recalled Because They Might Contain Real Medicine« .

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Non, vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion (Patrick Stokes)

Avant de continuer sur le sujet du précédent article à propos de l’étude Séralini, j’avais envie de traduire un article qui sort un peu du scepticisme proprement dit. Il s’agit d’un article de Patrick Stokes, professeur de philosophie à l’université Deakin à Melbourne, intitulé « No, you’re not entitled to your opinion » et publié le 4 octobre 2012.

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Chaque année, j’essaie de faire au moins deux choses avec mes étudiants. Premièrement, je prends la peine de m’adresser à eux en les appelant « philosophes » – un peu ridicule, mais espérons que ça encourage l’apprentissage actif.

En deuxième lieu, je leur dis quelque chose du genre: « Je suis certain que vous avez déjà entendu l’expression « tout le monde a le droit d’avoir son opinion ». Peut-être l’avez-vous utilisée vous-mêmes, sans doute pour couper court à un argument ou mettre un terme à une discussion. Eh bien, aussitôt que vous êtes entrés dans cette classe, ce n’est plus vrai. Vous n’avez pas le droit d’avoir votre opinion. Vous avez seulement le droit d’avoir ce que vous êtes capables d’argumenter. »

Un peu sévère? Sans doute, mais les professeurs de philosophie se doivent d’enseigner aux étudiants comment construire et défendre un argument – et quand reconnaître qu’une croyance ne tient plus la route.

Le problème avec la phrase « j’ai le droit d’avoir mon opinion », c’est que, bien trop souvent, elle est utilisée pour protéger des croyances qui auraient dû être abandonnées. Ça devient un raccourci pour « Je peux dire ou penser tout ce que je veux » – et par extension, continuer à discuter devient presque un manque de respect. Et je pense que cette attitude permet de nourrir la fausse équivalence entre experts et profanes, laquelle est un élément toujours plus pernicieux des débats publics.

D’abord, qu’est-ce qu’une opinion?

Platon faisait une distinction entre une opinion ou croyance répandue (doxa) et une connaissance avérée, ce qui est toujours une distinction fonctionnelle de nos jours: contrairement à « 1+1=2 » ou « il n’existe pas de cercles carrés », une opinion possède un certain degré de subjectivité et d’incertitude. Mais le sens du terme « opinion » s’étend depuis les simples histoires de goût ou les préférences jusqu’aux positions fondées par une expertise technique, telles les opinions légales ou scientifiques, en passant par des points de vue sur des questions d’intérêt général comme le principe de précaution ou la politique en général.

Vous ne pouvez pas vraiment argumenter à propos du premier type d’opinion. Ce serait idiot pour moi d’insister que vous avez tort de penser que la glace à la fraise est meilleure que celle au chocolat. Le problème est que, parfois, nous considérons implicitement que des opinions du deuxième voire du troisième type sont inargumentables1, tout comme le sont les goûts et les couleurs. C’est probablement une des raisons (il y en a bien entendu plusieurs) pour lesquelles les enthousiastes amateurs pensent qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord avec des climatologues ou des immunologues et exigent qu’on « respecte » leur point de vue.

Meryl Dorey est la présidente du Australian Vaccination Network2, une société qui, malgré son nom, est anti-vaccin jusqu’à la moelle. Mme Dorey n’a aucune qualification médicale mais argue que si Bob Brown3 a le droit de commenter sur l’énergie nucléaire sans être scientifique, elle devrait avoir le droit de commenter sur les vaccins. Sauf que personne ne considère Dr Brown comme une autorité en physique nucléaire; son boulot est de commenter sur les réponses politiques par rapport aux connaissances scientifiques, et non sur la science elle-même.

Donc que signifie avoir le « droit » à son opinion?

Si « tout le monde a le droit d’avoir son opinion » signifie simplement que personne n’a le droit d’empêcher quelqu’un de penser et de dire ce qu’il veut, alors c’est une affirmation correcte, bien que franchement triviale. Personne ne peut vous empêcher de dire que les vaccins causent l’autisme, peu importe le nombre de fois que cette affirmation a été réfutée.

Mais si « le droit à son opinion » signifie « le droit d’avoir ses points de vue considérés comme de sérieux candidats à la vérité » alors c’est bien évidemment faux. Et c’est une distinction qui a également tendance à devenir floue.

Lundi passé, le programme Mediawatch d’ABC a reproché à WIN-TV Wollongong d’avoir publié une info sur une recrudescence de la rougeole et qui contenait un commentaire de – vous l’avez deviné – Meryl Dorey. Dans une réponse à une plainte d’un téléspectateur, WIN a affirmé que l’info était « exacte, juste et équilibrée, et présentait les points de vue des praticiens de la santé et des groupes pro-choix. » Mais ceci implique un droit égal à être entendu sur un sujet à propos duquel une seule des deux parties possède l’expertise pertinente. Encore une fois, s’il s’agissait de réponses politiques face au savoir, ce serait raisonnable. Mais ce soi-disant « débat » est bien à propos de la science, et les « groupes pro-choix » n’ont simplement pas le droit à du temps d’antenne si c’est la science qu’ils contestent.

Le présentateur de Mediawatch, Jonathan Holmes, s’est montré considérablement plus direct en disant: « il y a les preuves, et il y a le baratin« , et ce n’est pas le job d’un journaliste de donner un temps égal au baratin par rapport à l’expertise sérieuse.

La réponse des voix anti-vaccination était prévisible. Sur le site de Mediawatch, Mme Dorey a accusé ABC de « cautionner ouvertement la censure dans un débat scientifique ». Par cette réponse, elle fait la confusion entre ne pas voir son point de vue pris au sérieux, et être interdite de l’avoir ou de l’exprimer – pour emprunter une expression d’Andrew Brown, elle « confond perdre un argument avec perdre le droit d’argumenter« . De nouveau, deux acceptions du « droit » à son opinion sont ici amalgamées.

Donc la prochaine fois que vous entendez quelqu’un affirmer qu’il a le droit d’avoir son opinion, demandez-lui pourquoi il pense que c’est le cas. Qui sait, vous pourriez peut-être bien avoir une conversation plus agréable.

Plus par Patrick Stokes: L’éthique du courage

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1 Je me permets un néologisme; je crois qu’il est suffisamment clair.

2 Littéralement, le « Réseau de Vaccination Australien ». Ils ont d’ailleurs tout récemment (novembre 2013) été forcés de changer de nom. L’affaire avait été lancée en décembre 2012 par le Bureau du Commerce Équitable du New South Wales; AVN a fait appel, mais le tribunal des décisions administratives a confirmé la demande originale. J’ignore à ce jour si leur nom est modifié.

3 Robert Brown est un politicien australien, actuel chef des Verts australiens (Wikipédia)

L’expérience des écolières danoises avec des routeurs WiFi et du cresson, un bon exemple de mauvaise science (Pepijn van Erp)

EDIT 25/05/2014: Jean-Michel Abrassart, du blog Scepticisme Scientifique, m’a proposé d’inclure une section Sceptom pour ses podcasts, ce que j’ai accepté avec plaisir. Le premier épisode de cette nouvelle série traite de cet article et est disponible ici: Épisode #241: Wifi et cresson.


 

Pepijn van Erp est un mathématicien néerlandais et membre de la fondation sceptique néerlandais Skepsis. Il écrit principalement en néerlandais mais il traduit en anglais les articles qu’il estime les plus intéressants, dans un blog qui s’appelle, tout simplement, Pepijn van Erp. Son blog est moins actif que les deux blogs dont j’ai traduit des articles pour mes premiers posts, Science-Based Medicine et Edzard Ernst, mais une moyenne de 2 posts par mois, c’est tout à fait respectable.

De son blog, j’ai choisi en premier un article qui m’avait particulièrement plu et qui répondait à un sujet qui avait fait un petit buzz il y a quelques mois: une expérience d’école qui « prouvait » la nocivité des ondes WiFi. Étant donné le climat particulièrement anxiogène qui existe actuellement à propos du WiFi et à peu près de toute technologie peu comprise, mal comprise, ou pas comprise du tout, et vu que peu de médias traditionnels sont apparemment capables de faire autre chose que les perroquets, ce genre d’articles est particulièrement nécessaire et, à mon avis, il n’y en a pas assez. D’où une traduction pour les lecteurs francophones. J’en profite tout de même pour mentionner un autre article francophone sceptique sur le sujet, sur l’excellent blog de Nima Yeganefar, Sham and Science.

L’article original a été publié le 25 mai 2013 sous le titre « Danish School Experiment with WiFi Routers and Garden Cress, Good Example of Bad Science« .

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L’histoire des cinq écolières danoises qui ont gagné un prix grâce à leur expérience montrant prétendument que le rayonnement électromagnétique des routeurs WiFi a un effet négatif sur la germination du cresson, a été rapportée par de nombreux sites internet. Jetez juste un œil au nombre de résultats Google en cherchant « wifi cress« 1. Les filles ont placé devant une fenêtre 12 assiettes contenant des graines de cresson posées dans du coton, les ont arrosées d’eau régulièrement et ont observé la germination des graines. Des routeurs WiFi ont été placés à proximité de 6 des assiettes. Après 13 jours, le cresson a été coupé et séché, et les graines ayant germé ont été comptées.  Une grande différence a été trouvée. Les graines soumises aux rayonnements ont beaucoup moins germé. Une preuve des effets négatifs du WiFi? Pas vraiment.

L’expérience a d’abord été publiée sur un site web danois (traduction Google2) et puis récupérée par Geek.com et ABC News notamment. Des comptes-rendus pas très critiques. Le journaliste scientifique norvégien Gunnar Tjomlid a bien étudié le design de l’étude et le rapport. Il a relevé beaucoup de choses à remettre en question. Je vous suggère de lire son excellent blog (avec traduction Google si vous ne lisez pas le norvégien3). Je vais simplement mentionner les choses les plus importantes:

  • Le groupe WiFi et le groupe contrôle n’étaient pas différents uniquement à cause de la présence des routeurs. Sur les images dans le rapport, on peut voir que les PC portables dans le groupe WiFi étaient eux aussi positionnés à proximité des assiettes. Il est fort probable qu’il y ait eu un effet sur le flux d’air et sa température autour des assiettes et par conséquent sur la germination, ce qui n’a rien à voir avec les présence des champs EM. Pas correctement contrôlé.
  • Il était évident quel était le groupe WiFi et quel était le groupe contrôle. Non aveuglé.
  • D’après un contact avec la prof de sciences des filles, Tjomlid a appris qu’il y avait eu deux expériences. Dans la première, les routeurs émettaient uniquement leur SSID. La deuxième expérience, dans laquelle les portables se « pingaient » constamment, ne montrait aucune différence important dans la germination. Seule la première expérience a été utilisée dans le rapport (c’est un point pas tout à fait clair, en raison d’informations contradictoires données par l’enseignante). Biais de publication: ne pas rapporter les résultats négatifs.

    Ce graphe est une bien meilleure représentation des résultats, mais pas aussi "sexy" que les photos du cresson.

    Ce graphe est une bien meilleure représentation des résultats, mais pas aussi « sexy » que les photos du cresson.

  • Les articles retrouvés dans les blogs illustraient la différence en germination par des photos des assiettes de cresson, l’une montrant du cresson mature, non irradié, « sain », et l’autre du cresson irradié, « malade ». Si vous regardez les résultats complets dans le rapport, ils ne paraissent pas si choquants: en moyenne le groupe contrôle avait 332 graines germées contre 252 dans le groupe WiFi. Représentation trompeuse des résultats dans la presse.
  • (non relevé par Tjomlid). Les assiettes d’un groupe n’étaient pas spatialement séparées, donc on ne peut considérer des assiettes individuelles comme des observations indépendantes. En fait, on pourrait estimer qu’il s’agit d’une expérience à N=2. Analyse statistique erronée.
  • Les filles ont arrêté l’expérience au jour 13. Pas parce qu’il s’agissait d’un moment prédéfini, mais parce que c’est le moment où le cresson du groupe contrôle avait atteint sa hauteur maximale. Le problème, c’est qu’avec une différence de température de seulement quelques degrés, le cresson peut mettre quelques jours supplémentaires à atteindre la même hauteur. S’il y avait donc une différence de température à cause de l’emplacement des PC portables, ou pourrait s’attendre à ce que le groupe WiFi ait poussé de façon similaire au groupe contrôle si on l’avait laissé quelques jours de plus. Elles cherchaient à obtenir le résultat qu’elles attendaient. Biaisées envers un résultat particulier.
  • Donc comment ces jeunes filles ont-elles accumulé autant de biais? Eh bien, on ne leur avait fourni que de la littérature pointant vers des études qui montraient des effets nocifs, menées par des chercheurs discrédités par des scientifiques sérieux. Et pour un potentiel mécanisme de fonctionnement (dangereux) des champs EM, elles se sont basées sur un unique rapport écrit par Thomas Grønborg, qui lui-même s’est basé sur Olle Johansson (voir plus loin). Choix partial des sources.
D'après le site danois: "Des chercheurs de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de la Suède ont montré beaucoup d'intérêt dans l'expérience de biologie des cinq filles."

D’après le site danois: « Des chercheurs de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de la Suède ont montré beaucoup d’intérêt dans l’expérience de biologie des cinq filles. »

Qui sont donc ces scientifiques si enthousiastes par rapport à cette mauvaise expérience? L’article sur le site danois mentionne Olle Johansson, qui a reçu le prix « Trompeur de l’année » des sceptiques suédois en 2004. Il est bien connu pour ses idées sans fondement sur les effets nocifs des rayonnements. Il est dit dans l’article danois qu’il compte répliquer l’expérience des filles en collaboration avec la chercheuse senior Marie-Claire Cammaerts de l’Université Libre de Bruxelles4. On ne devrait s’attendre à rien de bon de cette réplication car, comme je l’ai montré dans le blog il y a quelques temps, on ne peut probablement pas faire beaucoup confiance à Cammaerts pour ce genre d’expériences (voir: Des fourmis capables de miracles statistiques sous rayonnement de GSM?5)
Tjomlid mentionne aussi Andrew Goldsworthy, un autre alarmiste bien connu, et le néerlandais Niek van ‘t Wout, qui est le responsable de l’espace vert d’une ville néerlandaise et l’instigateur de recherches sur les effets potentiellement nuisibles du WiFi sur les arbres (il n’est donc pas scientifique lui-même). Après une expérience pas très concluante, l’université de Wageningen a repris la suite, dont on n’a plus entendu parler.

Il est assez clair qu’on ne peut tirer de cette expérience aucune conclusion sur les effets non thermiques des routeurs WiFi sur la germination. C’est dommage que les filles aient eu comme superviseur une enseignante manifestement biaisée et que leur travail est maintenant récupéré par des pseudo-scientifiques comme « preuve » que les champs EM sont très dangereux, alors que le consensus est que, si risques il y a, ils sont extrêmement faibles. On peut difficilement blâmer les filles pour les erreurs commises et on espère que cette expérience n’entachera pas leur intérêt pour la recherche. Ce peut même être un excellent apprentissage, pour autant qu’elles veuillent bien regarder à ce qui n’allait pas, parce qu’il y avait trop de mauvaise science.

N’oubliez pas de lire le blog de Gunnar Tjomlid, il contient bien plus de choses intéressantes que mon résumé: http://blogs.wsj.com/numbersguy/trees-and-wi-fi-may-co-exist-after-all-1018/

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1 J’ai fait aussi une recherche « wifi cresson » sur google.be

2 Et la Google traduction en français ici. (Il va de soi que si je lisais le danois, je vous aurais fourni une traduction de meilleure qualité.)

3 Et la traduction Google française ici.

4 C’est là d’où je viens, donc je peux pas m’empêcher de faire une spéciale dédicace à mes amis ulbistes. La mention de l’ULB n’est pas tout à fait reluisante dans ce contexte, mais tant pis.

5 Il est probable que je traduise celui-ci un autre jour.

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Re-joyeux Noël!