Comment les négateurs de la science alimentent la controverse grâce à de faux équilibres médiatiques

Voici un article sur le problème de la représentation médiatique des sujets scientifiques, qui sont souvent présentés dans les médias comme consistant en deux camps, l’un avec un avis « pour » et l’autre un avis « contre », comme si une question scientifique pouvait se régler comme une question politique ou de société, avec des camps défendant une idéologie. La science n’est pas une idéologie et n’a pas de camps. Il n’y a qu’un côté dans la science et il est unanimement représenté par les scientifiques. Ils peuvent être en désaccord entre eux sur des sujets complexes où les données et les preuves ne sont pas suffisantes ou suffisamment convaincantes pour forcer un consensus, et le débat qui en résulte fait partie du processus normal de la science. Mais il reste du domaine des scientifiques et non du public en général (je parle bien entendu des résultats scientifiques « purs », et non de leur application ou leurs conséquences potentielles sur des questions plus larges). Mais curieusement, ce ne sont même pas ces débats scientifiques normaux qui sont le plus mal représentés dans les médias, ce sont plutôt ceux où le débat scientifique n’existe plus parce que le consensus a été établi. Et non seulement les médias présentent les deux « camps » d’une non-controverse, mais ils donnent un temps de parole égal aux deux parties, donnant l’impression complètement fausse que le débat est effectivement bien présent chez les scientifiques. C’est un problème qu’il faut corriger.

Mais au lieu de répéter les propos de l’auteur, je lui laisse la parole. Lire la suite

Le cafouillage amateur de Stephen Meyer sur le Cambrien (Donald Prothero)

Voici un sujet que je n’avais encore jamais abordé sur ce blog, celui de l’évolution. Je n’ai pas choisi un article général pour en parler la première fois, mais un article plutôt spécifique au contraire, puisqu’il s’agit d’une critique d’un livre de Stephen Meyer par le paléontologue Donald Prothero, mais qui donne l’occasion de voir un bon exemple de la qualité (pseudo)scientifique des écrits créationnistes.

Article original: « Stephen Meyer’s Fumbling Bumbling Amateur Cambrian Follies« , publié sur Skepticblog le 28 août 2013


Unknown12Une revue de Darwin’s Doubt: The Explosive Origin of Animal Life and the Case for Intelligent Design de Stephen Meyer (HarperCollins, New York, 498 pp.)

Tout homme prudent agit avec connaissance, Mais l’insensé fait étalage de folie.

–Proverbes 13:16

L’ignorance engendre la confiance plus souvent que le fait la connaissance.

–Charles Darwin, La descendance de l’homme

Le fou se croit sage, mais le sage sait qu’il n’est qu’un fou.

–William Shakespeare, Comme il vous plaira

L’effet Dunning-Kruger1 est un phénomène bien connu en psychologie, introduit officiellement en 1998, mais déjà reconnu depuis bien avant Shakespeare et la Bible. En très bref, il peut être décrit de la façon suivante (par Bertrand Russell): « Le problème de ce monde, c’est que les idiots sont si sûrs d’eux, tandis que les gens intelligents sont remplis de doutes ». Lire la suite