Les jumeaux d’Oliver Sacks et les nombres premiers (Pepijn van Erp)

Les livres d’Oliver Sacks sont passionnants. Il y raconte les cas les plus étranges qu’il a rencontrés dans sa longue carrière de neurologue et le fait avec un certain talent. Je n’ai personnellement pas pensé à remettre en question la crédibilité des histoires qu’il y raconte, mais Pepijn van Erp a tout de même soulevé un sourcil quand il a lu, dans « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » celle des jumeaux savants, capables, d’après Sacks, de prouesses étonnantes avec certains nombres. Pepijn van Erp nous explique pourquoi il est sceptique.

Article original: « Oliver Sacks’s Twins and Prime Numbers » du 9 mai 2012 sur le blog Pepijn van Erp.


Dans son livre « L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau » (1985), Oliver Sacks décrit un cas intrigant de syndrome du savant. Il raconte l’histoire de sa rencontre avec les jumeaux John et Michael, qui avaient été placés en institution depuis leur enfance, ayant reçus les diagnostics variés d’autistes, psychotiques ou sévèrement retardés. D’autres avant Sacks avaient déjà étudié ces garçons et s’étaient aperçus qu’ils étaient très doués dans les calculs de calendrier. Pour n’importe quelle date donnée, ils pouvaient dire rapidement de quel jour de la semaine il s’agit. Sacks découvre cependant chez ces jumeaux une capacité bien plus inattendue lorsqu’il les observe en 1966. Lire la suite

Quand les preuves se retournent contre vous

Presque un mois écoulé depuis le dernier article posté! Bon, j’avais prévenu chez Scepticisme Scientifique que je n’arriverais pas à tenir une fréquence d’un article par semaine pour l’instant, et pour de bonnes raisons puisque je suis papa d’une petite fille de 3 mois. Ceux qui ont des enfants me comprendront. Ceci dit, ça ne veut pas dire que je n’ai absolument aucun moment disponible pour faire ce que je veux; mais quand j’en ai, je le passe soit à mon autre (ma première en fait) passion, la musique, soit à diverses activités qui ne servent absolument à rien, comme par exemple aller discuter avec la société de la terre plate. Si ça vous intéresse, vous trouverez mes posts ici, ici, ici, ici,ou  (et il y en a d’autres).

Bref, tout ça pour dire qu’aujourd’hui sort un nouvel article. Malheureusement, il s’agit d’un sujet un peu déprimant pour les sceptiques « militants » puisqu’il revient à dire, en gros, que ce qu’on fait, ça ne sert à rien. Plus spécifiquement, quand vous voulez combattre la désinformation avec de l’information, vous risquez d’augmenter la croyance en des affirmations fausses… Je vous laisse découvrir l’article original, posté sur BigThink par Neurobonkers: When Evidence Backfires.


When-evidence-backfires

Ne lisez pas ce post. Surtout ne le lisez pas jusqu’au bout. Ne vous ai-je pas dit de ne pas lire ce post? Vous êtes encore en train de lire… Lire la suite

Comment les négateurs de la science alimentent la controverse grâce à de faux équilibres médiatiques

Voici un article sur le problème de la représentation médiatique des sujets scientifiques, qui sont souvent présentés dans les médias comme consistant en deux camps, l’un avec un avis « pour » et l’autre un avis « contre », comme si une question scientifique pouvait se régler comme une question politique ou de société, avec des camps défendant une idéologie. La science n’est pas une idéologie et n’a pas de camps. Il n’y a qu’un côté dans la science et il est unanimement représenté par les scientifiques. Ils peuvent être en désaccord entre eux sur des sujets complexes où les données et les preuves ne sont pas suffisantes ou suffisamment convaincantes pour forcer un consensus, et le débat qui en résulte fait partie du processus normal de la science. Mais il reste du domaine des scientifiques et non du public en général (je parle bien entendu des résultats scientifiques « purs », et non de leur application ou leurs conséquences potentielles sur des questions plus larges). Mais curieusement, ce ne sont même pas ces débats scientifiques normaux qui sont le plus mal représentés dans les médias, ce sont plutôt ceux où le débat scientifique n’existe plus parce que le consensus a été établi. Et non seulement les médias présentent les deux « camps » d’une non-controverse, mais ils donnent un temps de parole égal aux deux parties, donnant l’impression complètement fausse que le débat est effectivement bien présent chez les scientifiques. C’est un problème qu’il faut corriger.

Mais au lieu de répéter les propos de l’auteur, je lui laisse la parole. Lire la suite

Sceptom a un an!

Voilà un an que Sceptom existe, avec mon premier article publié le 17 décembre 2013.

J’ai voulu créer ce blog parce que je suis un sceptique, parce que je voulais être un minimum actif dans le mouvement sceptique, mais un rien trop fainéant pour écrire mes propres articles. Il existe des tas de sources sceptiques d’excellente qualité, dont de nombreuses en anglais. J’ai souvent pu constater, notamment sur la page Facebook Zététique, que les articles en anglais suscitent toujours moins de commentaires, parce que trop peu de francophones sont suffisamment à l’aise avec la langue pour pouvoir profiter pleinement de leur contenu. Il fallait donc les traduire, et c’est un boulot qui me convenait car je ne devais pas subir moi-même le processus douloureux de poser mes idées par écrit. C’est ainsi que Sceptom est né. Lire la suite

Image corporelle et doigt d’honneur

Je suis toujours fasciné par les expériences qui arrivent à tromper le cerveau. Les illusions d’optique en sont un exemple épatant, les illusions auditives, moins connues, sont tout aussi incroyables. Il existe aussi des illusions plutôt liées à la proprioception ou l’appartenance de membres du corps. C’est le sujet de l’article d’aujourd’hui.

Article original: « Body Image and Giving the Finger« , Steven Novella, Skepticblog, 23 septembre 2013


Les illusions sensorielles les plus impressionnantes sont celles qui utilisent des processus cérébrales dont l’existence ou la nécessité nous est inconnue. Très certainement, dans le top de ces illusions se trouvent les expériences sur la sensation d’appartenance du corps. Votre cerveau utilise les informations sensorielles afin de décider quelles parties du corps vous possédez, contrôlez, et où elles se trouvent dans l’espace. Ce processus peut être aisément trompé en lui faisant créer une image alternative – ce qui vous donne l’impression de posséder et contrôler des parties de corps factices, voire des avatars virtuels.

Divers chercheurs ont montré de façon cohérente cet effet basique alors qu’ils explorent les détails et les limites de ce phénomène. Une des expériences en question, publiée aujourd’hui dans Journal of Physiology,  ajoute quelques éléments nouveaux au tableau. Lire la suite