Nuage de points ou quelqu’un marchant dans la neige? Les croyants au paranormal voient des gens où il n’y en a pas (epiphenom)

Mon post précédent était la traduction d’un article que j’avais lu en suivant un lien alors que j’étais en train de traduire l’article d’aujourd’hui. Comme il venait du même auteur, qu’il le précédait et était utilisé comme référence dans l’article présent, je m’étais dit que j’allais d’abord traduire celui-là. C’est désormais chose faite, et j’enchaîne donc avec la suite, un autre article de Tomas Rees du blog epiphenom: « Cloud of dots or person walking in a snowstorm? Paranormal believers see people when they’re not there. » posté le 3 décembre 2013.

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Imaginez-vous marcher seul à travers une forêt dense. Le moindre mouvement perçu vous donnera l’impression que quelqu’un d’autre est là, peut-être un animal. D’un point de vue évolutionniste, croire, par erreur, à la présence d’un agent là où il n’y en a aucun (un faux positif) est associé à un coût relativement faible, tandis que se tromper en pensant qu’il n’y a pas d’agent alors qu’il y en a bien un (un faux négatif) peut vous coûter la vie.

J’ai repris cette introduction d’un article récent de Michiel van Elk (Université d’Amsterdam), car elle décrit avec un certain attrait un phénomène souvent considéré comme un facteur contribuant aux croyances religieuses.

ScreenCap_1Des études précédentes ont déjà montré que les croyants au paranormal ont également plus souvent tendance à discerner des patterns, des visages par exemple, dans un méli-mélo insensé. Mais ces études n’avaient pas étudié le cas d’objets en mouvement – autrement dit des objets qui peuvent être des « agents », capables de faire quelque chose. Elles ne soutiennent donc pas directement cette idée.

Ce qu’a fait van Elk était de montrer à un groupe de sujets (un mix d’étudiants locaux ou des gens participant à une foire du paranormal) des points en mouvement représentant une personne. Vous pouvez vous faire une idée de ce qui leur était montré dans le graphique ci-dessus – bien que ce qu’ils voyaient était des points animés représentant une personne marchant sur un tapis-roulant.

Le marcheur pouvait apparaître à différents endroits de l’écran et était parfois voilé par des nuages de points distribués aléatoirement. Dans certains cas, il y avait quelques points aléatoirement disposés, sans bruit ajouté.

van Elk 2013 Illusory Agent detectionL’auteur a observé que la sensibilité de perception– la différence entre le taux de « positifs » (le sujet perçoit correctement une figure réelle) et le taux de fausse alarme (le sujet voit une figure non présente) diminuait à mesure que le niveau de bruit augmentait (voir le graphe de gauche). Mais en général, elle était plus élevée chez les sceptiques que les croyants au paranormal.

Les sceptiques avaient également un plus faible biais de réponse (voir graphe de droite) – il s’agit de la tendance à dire qu’il y a une figure alors qu’il n’y en a pas (en tenant compte de la moyenne des vrais et faux positifs prise pour l’ensemble du groupe).

Le plus intéressant était que la différence des biais de réponse entre les croyants au paranormal et les sceptiques était le plus grande lorsque les niveaux de bruit de fond étaient à mi-échelle.

van Elk dit la chose suivante à propos de ce résultat:

les croyants au paranormal montrent un biais de réponse plus important que les sceptiques pour des stimuli qui, en principe, peuvent permettre la détection d’agents (donc si un agent humain est présent, il devrait être détectable) mais pas pour des stimuli qui sont clairement trop bruités (voir également: Blackmore & Moore, 1993). Autrement dit: la perception illusoire de patterns semble limitée à des stimuli qui pourraient potentiellement avoir du sens.

Ceci concorde avec d’autres recherches qui montrent que les croyants au paranormal ont tendance à « régler leur détecteur » pour une plus haute sensibilité. Ils s’efforcent de trouver des signes de la présence d’un agent – mais seulement dans des circonstances où cela pourrait être le cas.

Sachant que les non-croyants au paranormal ont également tendance à augmenter le signal de détection lorsqu’ils sont stressés ou anxieux, cela pourrait aider à expliquer la relation entre croyance religieuse et environnement de vie difficile.

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